Chauvigny - Tome I

Chauvigny, chât., bois, étang et f., cne d'Athée, à 3 kil. N. du bourg, sur l'Oudon. — Apud Calvigneium, XIIIe s. (Prieuré d'Origné). — Chât. et min (Jaillot). — Chauvigné, chât. et vill. (Cassini). — Le seigneur de C. relevait de Craon pour son domaine, pour la Maugendière, le moulin d'Athée et la Malaumône, 1457 ; il prétendait avoir droit de contraindre tous les sujets de la baronnie de Craon à venir à son « moulin foulereux », 1537. Philippe de Madaillan, quoique protestant, fit en 1643 une transaction avec le baron de Craon au sujet des droits honorifiques dans l'église d'Athée. Le château a été reconstruit en 1840 sur les plans de M. Moll. Il ne reste rien de la chapelle qu'avait fait édifier dans le parterre du château Amaury de Madaillan et qui fut bénite le 27 mars 1715 ; le chapelain était alors Jean-Pierre Maréchal. Deux inscriptions sur pierre blanche sont conservées à la ferme. « Je suis pozé par honorable et discret Mre Guillaume Rousseau, curé de cette paroisse, le 18 juillet 1661 », lit-on sur l'une, provenant de l'église. L'autre est illisible. Jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes, les Madaillan eurent un prêche protestant dans leur château. Deux commissaires dont l'un catholique et l'autre protestant, vinrent y faire une enquête sur les agissements de Philippe de Madaillan, en 1670. Plusieurs ministres s'y succédèrent : Pierre Fleury, 1653 ; — Louis Fleury, frère du précédent, 1669, qui, veuf de Marie Le Clerc, épousa à Terchant, le 19 septembre 1678, étant alors ministre de Chauvigny et de Saint-Lô, Esther du Bourdieu avec laquelle il se réfugia en Angleterre, en 1685 ; — Jacob Marchant, fils de Simon, sieur de Previly, avocat, marié le 13 octobre 1680 à Gabrielle de Gennes. Le cimetière protestant, tout auprès du château, est appelé le Thabor.

Seigneurs : Burchardus de Chauvineio, cité plusieurs fois au cartulaire de la Roë, XIIe s. — Guillaume de Chauvigny, croisé en 1190. — Guy de C., 1217. — Hubert de C., 1342, valet, témoin à la Chapelle-Craonnaise, 1347. — Jean de C., chevalier bachelier dans la compagnie de Jean de la Teillaie, à Craon, 1380 ; dans celle de Jean de Landivy, à Mantes, 1386 ; membre de la confrérie de Saint-Nicolas de Craon, 1388, † 1400. — Guillaume de C. obtient délai du roi, pour paraître aux assises de Saint-Poix, 1402, 1408 ; avec Jeanne de la Frette, sa mère, donne 17 setiers de seigle de rente à la chapelle fondée par Guillaume Valleaux à Saint-Maurice d'Angers, 1407 ; traite avec le baron de Craon pour avoir sûreté contre les Anglais, 1428. — Jean de C., époux de Marie du Bois-Froust (V. ce mot), 1448. — René de C. paraît à la montre du Lion-d'Angers, le 15 décembre 1470, reçoit aveu de Sévillé, 1471. — Georges de C. laisse veuve, avant 1515, Françoise Margerie. — François de C., mari d'Antoinette de Prunelé, sert sous le connétable Anne de Montmorency, 1538 ; a une maison à Craon dans la rue aux Juifs, 1543. — Louis de C. ratifie en 1548 un contrat fait avec les religieuses de Patience par son père. — Roland de C. (V. ce nom). — Jean de Madaillan, mari de Judith de Chauvigny, fille aînée, veuve de Louis Hurault, 1590 ; il mourut en sa maison de Chauvigny, partage de son fils puîné, Philippe, qui de Marie Olivier eut : Philippe, tuteur en 1682 des enfants qu'il avait eus de Renée de l'Enfermat ; Pierre, René et Amaury. — René de M., comte de Chauvigny, 1671, époux de Marie Buisnard refusa longtemps de se convertir ; cependant ses enfants, Jean et Anne-Marie, tiennent sur les fonts, à Athée, un enfant du jardinier du château. Il réside à Paris en 1686 et le roi lui fait signifier, le 5 janvier, que s'il ne se convertit sous trois jours, sa présence étant préjudiciable aux conversions, il devra retourner dans sa province ; il y est témoin à un mariage catholique la même année et meurt au mois de décembre 1690, après avoir « protesté dans sa dernière maladie vouloir vivre et mourir enfant de la sainte Église romaine, et reçu les sacrements à l'applaudissement de tout le monde ». Jean-César, son fils, et Philippe, sa fille, acceptèrent la succession sous bénéfice d'inventaire. — Amaury de M. fut seigneur de Chauvigny, où il demeura, l'ayant eu en 1687 par retrait lignager après la vente qui avait été faite sur son frère René. Avec Suzanne du Boisguineheuc, sa femme, il avait fait abjuration du protestantisme dans l'église de Livré, le 29 décembre 1685. Débora-Philippe, le 23 janvier, Charles-Alexandre et Amaury-René, le 24 mars 1686, enfants puînés de René de Madaillan, firent aussi profession de la foi catholique dans l'église de Livré, présentés par leur oncle. Leur aîné, Jean-César, s'était converti lui-même, le 19 décembre 1685. Amaury de M. fut inhumé dans l'église d'Athée, le 3 septembre 1719, et sa femme le rejoignit l'année suivante. — Louis-Joseph de M., fils aîné du précédent, marié le 6 juillet 1718 à Anne-Julienne de Béchamel de Nointel, fut chevalier de Saint-Louis, du Mont-Carmel et de Saint-Lazare, et mourut en 1738 ou 1739. Claude-Mathieu Bouchard de la Poterie (V. ce nom) acquit Chauvigny en 1755 de Louise de Madaillan, veuve de François de Valladons.

Reg. par. de Livré et d'Athée. — Arch. de la M., B. 314, 2 321, 2 356, 2 976, 2 981, 2 983, 2 990 ; E. 126. — De Bodard, Chron. craonn., p. 158, 488, 490, 492. — Guiller, Recherches sur Changé, t. II. p. 62. — Chart. de M. le duc de la Trémoïlle. — Bull. de la Comm. hist. de la M., t. I, p. 183, 189. — Arch. nat., P. 337/2. — Paris-Jallobert, Eglise protest. de Vitré, aux mots Fleury et Marchant.