Bonchamp - Tome I

Bonchamp (Marie-Joseph de), oncle paternel de l'illustre général vendéen, né au château de la Baronnière en la Chapelle-Saint-Florent, vint habiter, après 1779, le manoir du Bignon, situé à l'entrée méridionale du bourg de Saint-Laurent-des-Mortiers, héritage maternel de sa femme, Jeanne-Louise Guitau, fille de Jacob G., seigneur de Bannes, lieutenant de la sénéchaussée d'Anjou, et de Dlle Gouesse. Élu membre du département, le 4 juillet 1790, M. de Bonchamp émigra ensuite et rentra en France en 1797. Après la Révolution, il fut nommé maire de Saint-Laurent et, en 1804, conseiller général de la Mayenne. Vers la même époque, il commença la reconstruction du vieux manoir du Bignon qui fut achevé par son fils.

== (Louis-Florent), marquis de Bonchamp, né au Bignon du précédent, le 22 juillet 1782, et maire de Saint-Laurent, en place de son père, le 2 avril 1896, fut un des premiers à lever le drapeau blanc dans le pays de Château-Gontier pendant les Cent-Jours. Plus de 120 volontaires vinrent se ranger sous son commandement et sa compagnie fut toujours la plus nombreuse de la division Gaullier, dit Grand-Pierre. Il fit cette campagne, dit Mme de Genlis « avec la distinction et le désintéressement qu'on devait attendre d'un homme qui est maintenant le seul qui puisse transmettre un nom devenu si justement célèbre », et se distingua surtout au combat de Champigné (10 juin 1815) où les royalistes comptèrent trois morts et une dizaine de blessés. Au retour de Louis XVIII, le Mis de Bonchamp fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, et membre du conseil général de la Mayenne, par ordonnance du 30 décembre 1815. Sous-préfet de Château-Gontier en 1824, il fit preuve d'un esprit de conciliation auquel tous les partis rendaient justice, démissionna au mois d'août 1830 et se retira dans son château de Saint-Laurent d'où il dirigea le mouvement légitimiste de 1832. Il y mourut, le 26 février 1853, dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes, laissant de son mariage avec Catherine de Boylesve, fille unique d'Étienne de B., chevalier de Saint-Louis, lieutenant-colonel, deux filles et un fils.

== (Edmond-Henri), né le 6 juin 1811, chevalier de la Légion d'honneur, officier supérieur de cavalerie, épousa vers 1852 Dlle Jeanny de la Porte. Il servit pendant plus de vingt ans dans l'armée d'Afrique, où il fut cité trois fois au rapport pour actions d'éclat. « C'est le plus brave soldat de l'armée, écrivait le général Bedeau ; je l'ai vu, au plus fort de la mêlée, saisissant un drapeau arabe. » Il est le père d'Arthur-Edmond de B., mort capitaine au Tonkin, et de Christian-Melchior, marquis de Bonchamp, né en 1860, l'explorateur si connu du Katanga, chef de mission en Abyssinie (1896-1897), chevalier de la Légion d'honneur, chef au secrétariat du gouverneur du Congo français, le dernier représentant du nom et des armes de cette illustre famille.

Notice par M. le marquis de Quatrebarbes. — Correspondance administrative. — Notes de M. Baguenier-Desormeaux.