Horps (le) - Tome II

Horps (le), chef-lieu de canton, arrond. de Mayenne (16 kil. N.-E.) ; à 50 kil. de Laval.

Ecclesia de Horp, 1186 (Lib. alb., p. 69). — La paroisse dou Horp, 1282 (Ibid., 2e partie mss.). — La paroisse dou Horp, … le sire du Horp, 1312 (Bibl. nat., fr. 8.736). — La terre et ville du Horp.… les moulins foulerez du Horp, 1401 (Chart. de Lassay). — Magna decima du Hourp, 1434 (Lib. fundat., t. I, f. 131). Ecclesia sancti Petri de Horpo, 1567 (Ins. eccl.). — Le Horp (Jaillot, carte cénom., Cassini, cahier de 1789). — Le Horps (Cadastre 1839, Ét.-M.).

Géologie. — « Granite avec schistes précambriens, modifiés à l'Est et au S.-E. ; à signaler, nombreux pointements de microgranulite, orientés O.-E. » D.-P. Œ.

Une ligne de sommets (287, 291, 280, 301 m.) allant du S. au N., marque à peu près la limite paroissiale à l'O. Le territoire déborde pourtant un peu au-delà de cette ligne, donnant naissance dans cette lisière aux sources de quelques ruisseaux qui s'en vont directement à la Mayenne vers l'O. Deux affluents de la Mayenne atteignent aussi la limite N., mais le territoire pour les 4/5 au moins de son étendue occupe le versant E., arrosé par les nombreuses branches de l'Aisne qui s'y forment et se réunissent au fond d'une vallée de 180 m. — Les vieux chemins ou routes semblent avoir évité le bourg. La route d'Alençon à Mayenne forme exactement la limite S., et celle de Mayenne à Couterne passait à 1 kil. O. du bourg, que Davelu dit « bien situé et très beau ». Ce bourg est aujourd'hui relié par des chemins divers avec le Ribay (4 kil. E.-S. -E.) ; la Chapelle-au-Riboul (9 kil. S.) ; Marcillé (12 kil. S.) ; Champéon (6 kil. S.-O.) ; Poulay (6 kil. S.-O.) ; Montreuil-du-Gast (5 kil. O.-S.-O.) ; Chantrigné (11 kil. O.) ; Niort (9 kil. N.-O.) ; Courberie (4 kil. N.-O.) ; Lassay (6 kil. N.-O.) ; Charchigné (5 kil. N.-E.), toutes communes limitrophes.

Superficie, cadastrée en 1839 par M. Fastou, 2.327 hect. — « Les deux tiers, dit Miroménil (1696), sont en terres à seigle, avoine, sarrasin, un tiers en landes ; 40 métairies, 60 bordages ». Voici le tableau peint par les habitants en 1789 avec les couleurs exagérées de circonstance : « Terres en général froides et humides, conséquemment peu susceptibles de production. On n'y cueille que du carabin ou bled noir, du seigle et de l'avoine, et encore par une culture très dispendieuse, en ce que toutes les terres produisent naturellement dans leur état de repos des genêts, épines, geons (ajoncs) et bruyères qu'il faut défricher tous les trois ans. On n'y cueille en fruits naturels que les pommes et les poires, et le cidre qui en provient, mêlé à moitié d'eau, fournit à peine à la boisson des habitants. Tout le commerce se réduit à la filature du lin venant de Flandre et à la vente des bestiaux ».

Population. — Moyenne des naissances : 36 de 1600 à 1610 ; — 60, de 1700 à 1710. — 1.050 hab. en 1726 ; — de 1.300 à 1.400 communiants en 1780 ; — 1.748 hab. en 1803 ; — 1.631 hab. en 1821 ; — 1.701 hab. en 1831 ; — 1.682 hab. en 1841 ; — 1.564 hab. en 1851 ; — 1.583 hab. en 1861 ; — 1.634 hab. en 1871 ; — 1.584 hab. en 1881 ; — 1.446 hab. en 1891 ; — 1.336 hab. en 1898, dont 268 agglomérés dans le bourg et le reste disséminé en 90 villages, fermes, closeries ou écarts. On comptait 97 fermes en 1843. — En dépendent : la Petite et la Basse-Reneudière, 32 hab. ; le Boulay, 31 hab. ; Guibout, 40 hab. ; la Couverie, 23 hab. ; la Malindrière, 29 hab. ; la Brunelière, 51 hab. ; le Bois-Richard, 25 hab. ; les Brosses, 28 hab. ; Maubray, 29 hab. ; le Mezeray, 22 hab. ; le Bourdonnay, 21 hab.

Bureau de distribution établi en 1863, converti, 1867, en bureau de direction, auquel a été uni un service télégraphique en 1877. Chef-lieu de perception pour : le Horps, Champéon, Charchigné, Hardanges, le Ham, le Ribay, Montreuil et Poulay ; juge de paix, receveur d'enregistrement, notaire, huissier, agent-voyer, succursale de la caisse d'épargne de Mayenne établie en 1900.

La « foire ou assemblée au jour de la Saint-Pierre en la ville du Horp », signalée avant 1401, y existait encore en 1850. Les deux foires créées en 1869, le 14 mai et le 31 août, ne se tiennent plus.

Assemblée à la Saint-Pierre.

Paroisse, anciennement de l'archidiaconé de Passais et du doyenné de Javron ; — de l'élection du Mans, du ressort judiciaire de Lassay, du grenier à sel de Lassay et de la subdélégation de Villaines ; — du district de Villaines et chef-lieu de canton pour le Horps, Charchigné, Courberie et le Ribay, en 1790 ; — de la Mission de Javron en 1797, érigée en cure par décret du 5 nivôse an XIII, de l'archiprêtré de N.-D. de Mayenne. — Vicariat par ordonnance du 27 juillet 1818.

L'église est dédiée à saint Pierre et saint Paul, « aux saintes reliques », écrivait Davelu en 1780 ; « dévouée aux reliques de saint Pierre et saint Paul, » lit-on dans les insinuations ecclésiastiques, en 1767. Il faut peut-être comprendre dans le culte des saintes reliques ainsi mentionnées celles de sainte Scolastique qui, le jour de la fête de la sainte, étaient portées solennellement en la chapelle de l'ermitage du Ribay et exposées à la vénération des fidèles. Ces reliques furent brûlées sur la place du Horps par ordre de Marat-Rigaudière, en 1793. La tour en façade est romane mais de l'époque de transition, les arcs intérieurs étant brisés. Dans le chœur qui doit avoir été reconstruit s'ouvre au midi une petite fenêtre du XIVe s. Outre les deux chapelles formant transept, deux autres un peu moins profondes ont été construites avec ouverture sur la nef et sur le transept. Les autels sont en bois, assez médiocres et défigurés par les peintures de Gourdier, de Mayenne, lequel s'est permis également de retoucher les quinze petits sujets du rosaire, peints sur toile et encadrés dans la boiserie de l'autel de la Vierge, daté de 1660. La chapelle du midi est dédiée à saint Jean-Baptiste, avec statues de saint Sébastien et de sainte Barbe. Deux autels, de Saint-Sébastien et de Saint-Jean-Baptiste, placés sans doute dans les chapelles de la nef furent supprimés en 1732. Le 11 juin 1632, veille de la fête du Saint-Sacrement, la foudre tomba au pied de la croix qui était sur le pignon du chanceau, pénétra à travers le mur dans la niche où était « l'image du bon saint Joseph », tua une personne et en blessa deux autres.

Fondations anciennes : la chapelle de la Haie ou de N.-D. de Joie, fondée en 1539 par Guy Pélisson, sans doute dignitaire ecclésiastique, qui velut lumen verum non sub modio positum sed super candelabrum, ut omnibus christicolis … appareat. Le seigneur du Boisfroust en accordant l'indemnité, ajouta aux deux messes hebdomadaires diverses charges parmi lesquelles « le son d'une cloche pendant un demi-quart d'heure universellement pour les malades et pellerins chrétiens », et l'offrande de quatre cierges à sa famille la veille du Sacre et de la Chandeleur. Les membres de la famille Pélisson jouirent du bénéfice jusqu'au XVIIe s. ; — la 1re messe du dimanche, fondée par Mathurin Lemort en 1673 ; celle du samedi, par Marin Chauchis, sous-chantre de l'église de Lisieux, 1612 ; celle du Saint-Sacrement, le jeudi, par Barthélemy Bourdonnais, prêtre, 1670.

La confrérie du rosaire et celle du Saint-Nom de Jésus existaient en 1627. Mathurin Vielpeau, chanoine de Blois, fonda en 1706 une rente au capital de 500  « employée au lavement des pieds à douze pauvres le Jeudi-Saint, à l'issue de la grand messe, auxquels pauvres il sera donné dix sols. » Pierre Moriceau, prêtre du collège de Bourbon, à Paris, fonda une rente de 4  « pour un pauvre étudiant ou prêtre, demeurant au bourg, pour sonner tous les matins ou soirs le pardon », 1685.

Une chapelle dédiée à N.-D. de Pitié, a été construite, entre les routes de Lassay et de Niort, à 2 kil. du bourg, par la famille Bourgault.

Cure à la présentation du chapitre du Mans. Le temporel se composait en partie de la terre de la Pommeraie, affermée 250  en 1784.

Curés : Pierre Bouju, chanoine du Mans, licencié en médecine, fonda son anniversaire à Saint-Julien, le 10 juin, XVe s. Il était de la famille et probablement frère de Jean Bouju, longtemps doyen du chapitre. — Antoine de Vignolles le jeune, du diocèse de Paris, prieur de Vigey, pourvu par concordat avec Pierre Marian, chanoine de Paris, 2 février 1558, résigne, 1562. — François Laigneau, de Lassay, 1er avril 1562, † 1566. — Thomas Macé, 12 avril 1566, se démet, 1567. — Noble Marguerit de Lamboul, 30 juillet 1567, résigne et meurt, 1587. Le Cordier, vicaire, signe le certificat de catholicité, 1577. — Jacques Bienvenu, septembre 1587, permute, 1588. — Julien de Lamboul, curé de Saint-Aignan-de-Couptrain, mars 1588, résigne, 1619. — Charles de Herbelin, janvier 1619, n'était plus curé en 1647, lorsqu'il donna aux Capucins de Mayenne un calice doré et ciselé, estimé 50 écus, et sa bibliothèque à condition d'être enterré avec l'habit franciscain. — Pierre de Chenevière, † 1668. — Guillaume Godefroy, chanoine du Mans, 8 février 1668, permute la même année. — Charles Nau, du diocèse de Paris, chapelain de Saint-Nicolas du Parc-en-Charnie, 19 mars 1668, permute, 1682. — Nicolas Le Juge, chapelain de l'Assomption, au diocèse de Laon, 15 décembre 1682, inhumé le 6 janvier 1685. — Jacques Le Pellier, maître ès arts de Paris, demeurant à Vallon, 15 janvier 1685, † le 23 février 1710, âgé de soixante-douze ans. — Guillaume Durocher, curé de Hellou, 1er mars 1710, † 1734. — Julien Bigot, garde des reliques de la cathédrale du Mans, 1er septembre 1734, résigne étant pourvu d'une semi-prébende à Saint-Julien, 1754. — Pierre Guichard, vicaire du Horps, 4 août 1754, se démet « détenu au lit de maladie corporelle » et meurt, 1764. — Jacques-Michel Guichard, frère du précédent, vicaire de Joué-en-Charnie, 15 février 1764, maintenu contre Jean Guenoust, « pauvre curé » (note de l'évêché en 1778), se démet le 7 juillet 1785, après avoir révoqué une première résignation faite à Julien-Charles Leroy, vicaire de Saint-Martin de Mayenne. — Joseph Gonnet, curé de Notre-Dame-du-Pé-de-l'Assomption (Sarthe), installé le 30 décembre 1785, ne voulut prêter aucun serment et disparut peu après le 29 mars 1791. D'abord interné à Laval, puis écroué aux Cordeliers, il prit, le 25 septembre suivant, son passe-port pour l'Angleterre, où il mourut. Mathurin Gaultier, premier vicaire, originaire du Housseau, à l'exemple de son curé, refusa le serment et évangélisa la contrée jusqu'au mois de septembre 1792, où il passa à Jersey. A son retour, dès les premiers mois de 1800, il reprit ses fonctions, fut nommé curé au Concordat, malgré une vive opposition, et se démit vers 1822. Jean Coulombus, de vicaire devint curé intrus du Horps, le 31 juillet 1791. Avec son vicaire, Mahérault, du diocèse de Séez, il apostasia le 28 pluviôse an II (16 février 1794) et se retira à Lassay, sa paroisse natale, où il vécut misérablement en faisant l'école, jusqu'à sa rétractation en 1803.

Moutier, 1822-1842. — Marin-Joseph Pelletier, 1842-1864, † 1867. — Jean-Baptiste Larcher, 1864, prêtre aussi recommandable par sa science que par ses vertus, mort pieusement le 9 mars 1880, en demandant que l'on mit sur sa tombe pour toute épitaphe : Hic jacet qui se commendat precibus fidelium. — Jean Bodard, 1880, † 1898. — Victor Rousseau, 1898.

Le presbytère, indiqué par Jaillot, éloigné du bourg, dit Davelu, mais assez logeable, fut vendu natt, le 2 brumaire an V, et racheté par la commune en 1813. Un nouveau presbytère vient d'être construit à 100 mètres de l'église.

Le cimetière qui environnait l'église a été transféré depuis une cinquantaine d'années sur la route de Lassay.

Écoles. — Il y a de fréquentes mentions d'écoliers dans les registres au XVIIe s. — Jean Bansard, prêtre, curé de Villeneuve-le-Roy, près Paris, donne, le 16 septembre 1706, une maison avec jardin et une rente de 108  pour « deux maîtresses d'escolles, sœurs de charité … qui seront de l'élève et de la société de Perrine Brunet, sœur Tulard, de la Chapelle-au-Riboul ». La classe était gratuite et les enfants fournies de livres, « soit matines ou autres, à condition de les relaisser à l'école ». Les sœurs soulageaient les malades « de leur travail et peine seulement ». L'établissement, fermé en 1793, a été repris en 1822 et dirigé par trois sœurs d'Évron. — École des garçons laïque, agrandie en 1890 (devis, 11.000 francs).

Bureau de charité possédant 193 francs de rente.

Féodalité. — La seigneurie mouvait de Lassay. On dit qu'elle prit le titre de baronnie lors de l'érection de Lassay en marquisat, 1647. De fait, Armand de Madaillan est qualifié baron du Horps en 1695, et l'on cite en 1701 « la terre et baronnie du Horps, avec maison ancienne, cour, fuie ancienne, moulin à bled à deux tournants, moulin foulerez », mais c'était un titre sans privilège. — Guillaume du Horps, cité au cartulaire de Savigny en 1239, n'était point seigneur du Horps, non plus que Guillaume Ouvrouin, évêque de Léon, qui percevait des cens, rentes et tailles sur la terre du Horps et sur le fief de Geraine, s'étendant sur l'Alessaudière, le Mesnil, la Rehatière, l'Estourmière, la Tassaye, le Rocher, Chouanne, la Trotterie.

Seigneurs : Gervais de Couterne, avant 1180, 1241. — Jean de Couterne, 1350, † 1365 ; Gervais, son frère, gouvernait ses terres peut-être pendant son absence à la guerre. N. de Logé, sa femme, était remariée en 1369 à Hamelin Coulain, son meunier. — Geoffroy des Vaux, fils de Guillaume des V. et d'Annette de Couterne, après le décès sans enfants du fils et des trois filles de Jean de Couterne, 1375. — Guillaume du Boisfroust, mari de Guillemette des Vaux, héritière de Geoffroy des Vaux, son neveu, 1407. La terre est depuis lors aux mêmes mains que le Boisfroust et avec lui annexée à Lassay en 1639.

Notes historiques. – Les noms anciens de localités assez peu caractéristiques d'ailleurs, sont : Anglaine, Lamboux, Mezeray, Maubray, Viltien, Courcelles, la Vairie, Soreau, Fouillé, Gripperay, la Prioulaie. — Vers le milieu du XIIe s., Guillaume de Passavant, aidé de la bourse de son ami l'archidiacre Eustache, racheta de Gervais de Couterne et de Raoul, son frère, ce qu'ils prétendaient sur l'église du Horps et leur en fit faire l'abandon sur l'autel de Saint-Julien du Mans. En 1180, il donna cette église au chapitre pour parfaire la prébende dotée par le même archidiacre. — En 1282, Guillaume Le Vayer, écuyer de la paroisse du Horps, prend à rente pour 60 sols par an les dîmes de blé, cum tractu, trictura et paleis, que le chapitre possédait dans la paroisse. — Geoffroy des Vaux assigné à la chapelle de son château des Vaux en 1434 la grande dîme du Horps et une rente super Elemosinas de dicta parrochia ; il y a au Horps une métairie nommée les Aumondes. — La compagnie de M. de Vicques, puis celle du maréchal de Matignon, viennent de Villaines au Horps, 1583. — En 1789, cahier paroissial sage et modéré. Pendant la Révolution, hostilités habituelles avec les républicains de Lassay. Les nombreuses reliques que possédait l'église furent brûlées en 1793, et on remarqua que depuis cette époque jusqu'en 1809, où de nouvelles reliques furent données par Mgr de Pidoll, la commune fut fréquemment ravagée par la grêle.

Maires : René Tuault, 1792, an III. — Julien Moytaux, président de l'administration cantonale. — Philippe Leroy, maire, 1798. — Fortin, 1800, 1805. — Gabriel Baguelin, 1805. — Vidis, 1809. — Fortin, 1812, décoré après cinquante ans d'exercice, 1862. — Gabriel Fanneau, 1863-1894. — Crosnier, 1894-1896. — Thuault, 1896.

Reg. par. depuis 1595. — Lib. Alb., p. 69. 81, et partie mss. — Marquis de Beauchesne, Lassay, 47, 74 ; notes mss. — L. de la Sicottière, Frotté. — Bibl. de Laval, mss., n° 10.893, f. 15. — Arch. nat., Q/1. 699 ; Q/3. 78 ; G/7. 525 ; P. 343/2. — Bull. hist. de la M., t. VIII, p. 108. — Lib. fundat., t. I, f. 131 ; t. VI, f. 19.
Pour les localités, v. les art. : la Barre, le Bois-Richard, le Bourg, la Cartière.